Contemplation

Absorbée par la contemplation de leur traits si parfaits, elle ne s'était pas rendue compte de ce qu'ils étaient, réellement...
 
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 Carnet de Bord - Nael Morgan

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Nael Morgan

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MessageSujet: Carnet de Bord - Nael Morgan   Sam 9 Mai - 17:49

Carnet de Bord - Nael Morgan

12 Mai 1966

Je me sens vide. Totalement vide. Et cette incompréhension me ronge de l'intérieur, égalant la culpabilité qui m'étreint.
Pourquoi, oh pourquoi ? Cette femme allongée devant moi, les yeux clos et un léger sourire serein sur les lèvres ne se réveillera plus jamais. J'avais pourtant eu l'impression d'avoir fait des efforts... Mais voilà, si j'avais su cesser ma rébellion contre le monde entier bien avant la mort de mon géniteur, il y a huit mois environs, peut-être ma mère ne reposerait-elle pas sur le sol et dans la mort après avoir pris la moitié d'une boîte de médicaments.


Je reste debout, les bras ballants, ne réfléchissant à rien d'autre qu'à ce que j'aurais dû faire pour éviter le décès de la dernière personne qui me faisait avancer. Personne ne remarquera mon absence, à la fac, mais je crois que cette prise de conscience ne me touche guère, contrairement à la décision que je semble avoir prise inconsciemment. Mais après tout, cela semble plutôt logique. Mes petits boulots ne suffiraient pas à garder cet appartement déjà miteux, alors où irais-je ? Pas question de me retrouver dans un foyer ni où que ce soit d'autre. Je préfère encore m'enfuir, marcher des jours et des jours jusqu'à épuisement, pour que tout le monde m'oublie, et que personne ne me retrouve.

A gestes lents et calculés, je passe dans la pièce à côté et ramasse une couverture, un gros pull et ce que j'estime pratique et pas trop encombrant, range le tout dans un gros sac qui traîne au fond de mon armoire puis me dirige vers la cuisine et vide les placards, même s'il reste si peu à manger que je ne tiendrais pas deux jours avant de devoir voler dans un quelconque marché. Je soupire puis m'arrête dans l'embrasure de la porte du salon. Après un dernier regard pour ma mère, je quitte l'appartement et ressort deux étages plus bas dans la petite ruelle peu fréquentée qui donne sur l'entrée de notre bâtiment.

La marche me fait du bien, je peux me concentrer sur ma respiration au lieu de penser à ma vie qui, depuis le début, semblait vouée à l'échec. Je ne fais pas plus attention au heures qu'aux nuages, et je finis par m'arrêter alors que le Soleil disparaît à l'horizon, à la lisière d'une forêt. Je m'adosse à un arbre et, enroulé de ma couverture, je finis par fermer les yeux pour m'enfoncer dans un sommeil pleins de rêves agités.

_________________

"Malgré tous mes efforts, encore aujourd'hui je ne peux cesser de me rappeler sans
cesse cette odeur qui t'accompagnait et qui flottait dans ton sillage. Tu m'hypnotisais
alors que la logique aurait voulu le contraire. Et au fur et à mesure que ton sang coulait
de mes lèvres, je me sentais sale, je me haïssais, et j'aurais tout fait pour oublier..."
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Nael Morgan

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MessageSujet: Re: Carnet de Bord - Nael Morgan   Sam 9 Mai - 19:39

13 Mai 1966


Alors que je marche à travers une prairie interminable après avoir traversé le petit bois, je m'oblige finalement à repenser aux évènements de hier, les causes, les conséquences et la fatalité. Je me sens terriblement mal, à présent, car le contre-coup combiné à mes rêves tourmentés de la nuit me font prendre conscience réellement de ce qui s'est passé. Je me ramasse la vérité à la figure avec force, mais je m'oblige à continuer, car je sais que je ne pourrais pas rester en place.

Je me dis que si mon père n'avait été envoyé à la guerre, nous serions encore tous les trois ensemble, comme des rois, à la maison et dans le bonheur. Peut-être aurais-je alors pris conscience que je sabotais mon futur en sortant le soir pour casser, démolir, boire et fumer. J'aurais pu terminer mes études de droit et nous aurions été une belle famille, unie.

Mais le devoir s'en est mêlé, et mon père s'est fait tuer dans une explosion au Viêt-Nam.

Quand ma mère a cessé de s'occuper des factures pour aller noyer son chagrin dans ses verres de liqueur bon marché, chaque jour au bar du coin de la rue principale, j'ai fini par comprendre que tout se terminerait mal, je crois. Mais je ne voulais pas y croire, et je me suis battu, j'ai cessé mes mauvaises fréquentations et j'ai pris un petit boulot, je me suis concentré sur mes études. J'ai essayé de prendre soin de ma mère, mais j'ai échoué. Et aujourd'hui me voilà sans toit, sans argent et en simple possession d'une couverture rapiécée et d'un gros sac encombrant.

Le pire dans tout cela, je crois, c'est que jamais je ne me suis senti aussi libre. J'ai une infinité de choix devant moi, et j'en serais presque heureux si la situation n'eût été si dramatique. Seulement voilà, cela ne durera pas, et je serai bientôt obligé de me convertir en voyou, en voleur. Ai-je vraiment un avenir ?

Le Soleil a atteint la moitié de sa course et mon ventre gronde contre la faim qui le tenaille. Avec un soupir, je m'installe au milieu des prés et sors les dernières vivres qui me restent; un quignon de pain et une maigre tranche de jambon. Tout ça s'annonce mal.

Tout l'après-midi, je continue de marcher et de réfléchir à ma situation peu brillante. Je tente de me convaincre que je finirait bien par trouver une solution, même si aucune ne s'offre à moi et que je suis toujours affamé, mais sans rien à manger, cette fois.

En cette soirée de Mai, je finis par approcher à nouveau la civilisation. Il me faut de quoi me nourrir, ou je ne tiendrai plus longtemps. Alors je m'approche et, avec délice, perçoit les premières odeurs des habitants qui préparent leur souper dans leurs maisons banales. La routine pour eux, une chance inespérée pour moi.

Au détour d'une rue, une matrone prépare en chantonnant un repas de fête, le fenêtre ouverte, et je profite qu'elle ait le dos tourné pour m'emparer d'une tomate et d'une miche de pain. Malheureusement pour moi, elle m'aperçoit et commence à crier. Je commence donc à courir et m'enfuis de ce village tranquille aussi vite que je le peux. Et c'est exténué que je fais enfin une pause, alors que j'atteins une nouvelle forêt, qui semble toutefois plus dense que la précédente.

La nuit est déjà quelque peu avancée, alors je mange rapidement mon maigre repas et m'assoupis au pied d'un arbre, caché des regards, mais vulnérable aux songes sans pitié qui prennent possession de mon sommeil.

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"Malgré tous mes efforts, encore aujourd'hui je ne peux cesser de me rappeler sans
cesse cette odeur qui t'accompagnait et qui flottait dans ton sillage. Tu m'hypnotisais
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de mes lèvres, je me sentais sale, je me haïssais, et j'aurais tout fait pour oublier..."
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