Contemplation

Absorbée par la contemplation de leur traits si parfaits, elle ne s'était pas rendue compte de ce qu'ils étaient, réellement...
 
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 Run Away

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Alan Linard
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MessageSujet: Run Away   Jeu 29 Juil - 22:32

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Combien de temps maintenant cela faisait-il que le vampire habitait Foks ? Combien de temps cela faisait-il qu’il connaissait chaque rue, chaque dalle, chaque parcelle de cette petite ville pluvieuse ? Alan n’en avait plus le souvenir. C’était presque comme s’il était né ici. Il avait toujours vécu ici après tout, du moins, une bonne partie de sa vie. Oui, il connaissait tout de cette ville. Il connaissait même presque tous les humains qui y habitaient. Chaque visage, chaque rire, chaque regard, il s’en souvenait. Il aimait s’en souvenir, car lorsqu’il tuait l’une de ses personnes, il aimait se rappeler Ô combien leur visage, leurs cris avaient changé.

Le vampire marchait, sans réellement savoir où il allait. Ses pas le guidaient. La nuit était fraiche, comme à son habitude, la Lune brillait sans laisser place aux autres astres qui pourraient composer le ciel,de légers nuages accompagnés cette magnifique nuit. Alan leva la tête pour regarder la Lune. Il s’arrêta un instant, haussant un sourcil, les mains dans les poches. Depuis qu’il était arrivé à Forks, il avait fait toute sorte de connaissances, il avait rencontré toute sorte de vampires, plus spéciaux les uns que les autres. En réalité, ils étaient tous différents de ce qu’était Alan. Sauf Roy, qui était sûrement encore plus exentrique que lui. Il ne pouvait compter Nael comme quelqu’un comme lui ; ils avaient joué un jeu tout les deux, un jeu bien trop dangereux, pour l’un comme pour l’autre, même si ce jeu avait su être intéressant et pleins de rebondissements. Non, en fait, il n’avait rencontré que des vampires. Mais s’ils existaient, qu’est-ce que le monde pouvait offrir d’autres ? La Lune était-elle pleine ? Y avait-il d’autres créatures aussi cruelles que lui ?

Le français sourit. Non, aucunes créatures existant sur cette terre ne pouvait être aussi cruelles que lui. Alan secoua la tête en ricanant avant de reprendre sa petite marche nocturne. Plus il marchait et plus il s’enfonçait vers l’extérieur de Forks. La végétation y était plus dense, désormais, il se trouvait dans la forêt. La forêt la plus proche de Forks, mais aussi la plus dangereuse. Il avait entendu quelques histoires lorsqu’il était chez les Negens, à New York : pour eux, il n’y avait pas que des vampires qui peuplaient cette petite bourgade. Son sourire s’élargit, dévoilant ses deux canines. Si quelque chose habitait cette forêt, il le découvrirait bien aussi tôt. Il pénétra la forêt, espérant y trouver quelque chose de bien intéressant…

Assit sur un tronc d’arbre, Alan balançait ses pieds. Il s’ennuyait. Cela faisait bien plus de deux heures et demi qu’il tournait dans la forêt et qu’il n’y avait rien trouvé. Il l’avait fouillée, retournée, rien. Il s’était même mit à crier, à parler, espérant que quelque chose lui tombe dessus. Rien.


« - Et merde. ».

Alan descendit du petit tronc d’arbre et donna un coup de pied dans la pierre la plus proche. Mains dans les poches, il décida de rentrer à son appartement. Sur le chemin de retour, il s’amuserait à tuer quelques passants pour le défouler.

« - Raah ! ».

Le vampire, énervé, donna un coup de poing dans un arbre qui s’effondra aussitôt. Bien que la chutte de l’arbre résonna à travers la petite forêt, il entendit une branche craquer. Alan écarquilla les yeux : le son était presque imperceptible, un léger petit bruit qui vint tinter à l’intérieur de son oreille. Il déglutit en se concentrant de nouveau sur ce son : un battement de cœur. Rapide. Tellement rapide qu’Alan cru même au départ que ce fut le sien.
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Alban O'Murphy

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MessageSujet: Re: Run Away   Ven 30 Juil - 2:00

La nuit était couverte, comme d'habitude dans cette région. La lune sortait occasionnellement de derrière l'épaisse couche de nuages, dardant ses rayons implacables et crus sur la clairière où Alban avait élu domicile.

Il était allongé sur une couche de feuilles mortes qui sentaient l'humus et la fraîcheur. Il ne pleuvait pas mais l'humidité était palpable, comme s'il avait pu la saisir dans sa gueule et l'emporter avec lui. Il aimait bien cet endroit. C'était un bon compromis entre la nature et la civilisation. À deux pas de la ville, cette forêt de conifères à l'odeur si rassurante murmurait dans ses oreilles dressées.
Il n'était pas à l'affût, il se laissait simplement porter par les soupirs des arbres dont la cime était caressée par cette légère brise venant du nord qui portait des odeurs d'animaux et de cours d'eau. Un cerf passa à quelques pas de lui, mais Alban était si silencieux et immobile que l'animal ne se soucia pas de lui et vaqua à ses occupations de cerf. Un animal magnifique. Alban se leva lentement, appréciant la douceur de la mousse humide sous ses pattes sensibles. Une bourrasque de vent lui fit plaquer les oreilles en arrière, et il ferma les yeux en humant cette odeur porteuse de tant de promesses. L'odeur sauvage d'un ours, une légère fragrance d'écureuil, tous ces arbres, et le cerf.
Il avait faim, mais cette créature était d'une telle beauté qu'il ne pouvait se résigner à la tuer. Quelle majesté, cette bête haute et élancée, la croupe droite et les bois tortueux, dans le clair de lune, il en avait le souffle coupé. Il s'assit derrière son rideau de fougères et se consacra tout entier à admirer cette épiphanie en silence.

Soudain, un murmure s'éleva dans la forêt, plusieurs oiseaux s'envolèrent et le cerf s'enfuit.
Alban leva la tête, son échine parcourue d'un frisson électrique. Quelque-chose d'anormal était en train d'arriver et contre toute attente, il focalisa son esprit tout entier sur la source de cette anomalie.
En un battement de cœur, il détala silencieusement. Le vent sifflait dans ses oreilles, rendant sa progression difficile car il l'avait en face. Il y décela une odeur qu'il avait sentie en approchant de la ville, la première fois. Une puanteur glacée et morbide, comme un cadavre décomposé au milieu de la banquise. Cette odeur lui brûlait les narines et fit naître en lui une rage qu'il n'avait pas ressentie depuis de très nombreuses années.

Quoi que puisse être la source de cette odeur, ce n'était pas quelque chose de naturel.

Le sol battait sous ses pattes agiles, et il accéléra tandis que la rage et l'excitation lui tordaient le ventre et la gorge. Son échine ondulait, ses membres se dépliaient et le propulsaient en avant avec une force formidable, et tout ça dans un silence mortel. Il avait vécu 80 ans dans un désert de neige et de glace. Il avait appris à disparaître.

Puis, à la fin de sa course effrénée, au moment où l'odeur devenait à peine supportable, il le vit. C'était un homme. Pas un être humain, un homme. Plutôt grand et costaud à en juger par sa silhouette sombre. Alban ralentit progressivement et finit par s'arrêter. L'individu arrivait droit dans sa direction. D'un coup d'œil, il repéra une branche basse couverte par une couche acceptable d'aiguilles sur un conifère épais. Il bondit avec légèreté et s'accrocha à sa branche, puis il attendit en retenant sa respiration tant l'odeur était insupportable.

L'individu ne l'avait pas repéré. Il se faisait discret, mais tout son être ne tendait qu'à mettre la chose en pièces. Cette envie lancinante se changea très vite en besoin irrémédiable. Ses muscles étaient tendus, ses crocs serrés, ses babines relevées et son poil hérissé.

Lorsque l'individu abattit un arbre d'un coup formidable, Alban sentit son sang ne faire qu'un tour. Il cessa de penser et ne vivait plus que pour tuer. D'une détente colossale, il se propulsa à l'aide de ses antérieurs tellement fort que la branche sur laquelle il avait élu domicile émit un craquement. Les réflexes de l'individu étaient sans pareils, il n'avait jamais vu quoique ce soit qui s'en approchait. Mais d'un bond, il franchit la distance qui le séparait de l'aberration et planta ses crocs dans sa hanche. La peau était si dure qu'il eut du mal à la transpercer. Il utilisa la force de son saut pour déséquilibrer son adversaire et le jeter au sol.
L'odeur était presque irritante, elle s'insinuait dans ses veines comme un poison.

Sans laisser le temps à l'individu de se relever, Alban se jeta à nouveau sur lui. Mais la colère embuait tellement sa vue qu'il ne vit pas le coup arriver, et fut projeté en l'air. Il atterrit sur un rocher, sa colonne vertébrale prenant un angle désagréables et plusieurs cotes craquant sous la force du choc.
Il émit un léger couinement et n'attendit pas sa guérison pour se remettre sur ses quatre pattes.

Un loup noir aux yeux d'un bleu incroyablement clair jaugeait l'homme. Il n'était guère plus grand qu'un vrai loup, à peine de la taille d'un gros chien. Ses poils étaient hirsutes et boueux. Les oreilles dressées, l'avant du corps pratiquement au raz du sol, il grognait d'un air menaçant, découvrant ses crocs d'ivoire qui brillaient pratiquement à la lueur de la lune.
Il n'était peut être pas très impressionnant, mais il était prêt à encaisser le prochain coup et à reprendre l'avantage sur cet adversaire inconnu qui éveillait tant de haine et de soif de sang en lui.

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Alan Linard
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MessageSujet: Re: Run Away   Ven 30 Juil - 3:09

En un battement de cils, en un battement de cœur, Alan sut qu'il était impossible de reculer. Le craquement de branche avait à peine eu le temps de s'évanouir que des feuilles bruissèrent sous les pas d'un animal. Aucune marche arrière n'était possible. Cela faisait deux heures qu'il attendait, deux heures qu'il scrutait chaque partie de la forêt, deux heures qu'il tournait et qu'il n'avait rien vu ni entendu. Comment un animal pouvait-il détaler aussi vite et être aussi discret ? Juste le temps de se retourner, il avait juste eu le temps de se retourner et de faire face à l'animal qui lui sautait dessus. Impressionné par cette vitesse, l'animal avait réussit son effet de surprise et Alan glissa sur les fesses en dérapant sur des petites feuilles humides. Avant de toucher le sol, il sentit quelque chose de dur, de très dur se planter dans sa hanche, quelque chose au moins aussi similaire à ses crocs. Lorsqu'il baissa la tête pour voir ce que c'était, ses yeux s'écarquillèrent, sa pupille n'était plus, désormais, qu'un petit point noir. La douleur n'était pas réellement atroce, mais ce qui l'était le plus, c'est que cet imbécile venait de lui transpercer la chair. C'était impossible. Il était trop fort, trop prudent, trop... Non, il s'était laissé aller, croyant que ce n'était qu'une rumeur parmi les Negens les plus peureux. C'était trop tard, il était en train de se battre avec un loup. Quelle sorte de loup était-ce ? Un loup-garou, un lycanthrope, un métamorphe ou était-ce un simple loup ? Peu importe ce que c'était, c'était en train de s'acharner sur lui.

En un instant, les pupilles du vampire se dilatèrent et de sa main droite, il empoigna l'animal par la nuque avant de lui asséner un coup dans les côtes pour se libérer. Le loup s'envola et vint s'abattre contre l'arbre le plus proche et contre toute attente, il se releva aussitôt. Alan était impressionné : il venait de lui briser au moins trois côtés, comment pouvait-il tenir sur ses petites pattes ? Alan resta bouche bée un petit moment avant de se relever rapidement. Il déglutit en posant sa main sur sa hanche, sans cesser de regarder le prédateur. Le sang coulait le long de sa cuisse pour s'écouler ensuite sur le sol. La terre s'imprégnait du sang, de son sang, ça ne lui plaisait pas.

Alan fronça les sourcils ; si l'animal le blessait grièvement, il ne pourrait s'en remettre qu'en buvant du sang. La ville était trop loin pour s'amuser à courir avec une jambe blessée. Son nez se plissa et il se pencha légèrement en avant en feulant. Si cet animal pouvait grogner, il était largement capable d'en faire de même. Le vampire gardait sa main pressée contre la plaie. Pourquoi mettait-elle tant de temps à cicatriser ? Non, ça ne pouvait pas être un simple animal. Il était plus que ça. C'était vraiment une créature de la nuit. Alan passa sa langue sur ses lèvres en essayant d'évaluer la situation le plus rapidement possible : ce n'était pas un simple loup qui venait de lui transpercer la chair, il était blessé et ne pouvait pas fuir et...

Concentré, réellement concentré, sur le loup, Alan se rendit compte de quelque chose de nouveau : son odeur. L'animal avait une odeur épouvantable. Une odeur de pluie, de chien mouillé, une odeur d'herbes séchées, une odeur vraiment désagréable. Son nez se plissa davantage. Il ne l'avait pas sentie avant. Ses dents se serrèrent, les faisant grincer. Sa mâchoire en aurait même craqué tellement la colère l'envahissait. Comment avait-il pu être aussi négligent ? C'en était même trop facile pour ce louveteau. Alan rageait. Il pointa du doigt l'animal, le regardant de ses yeux rouges sang :


" - J'vais te faire la peau mon Loup. et je vais bien rigoler quand je sauterais à pieds joints sur ton cadavre ! ".


Dans un mouvement vif et rapide, il fit craquer sa hanche blessée ; il n'était pas encore guéri, mais il savait que ça irait. Il gagnait toujours. Ses rangers firent craquer le sol sous son poids lorsqu'il se mit à courir à vive allure. en un instant, il se trouva devant le loup.

* Je suis bien trop rapide pour toi...*

Le vampire, grâce à son élan, put se hisser dans les airs et envoyer un coup de pied dans la mâchoire de l'animal. Le loup en tomba en arrière, mais il ne lui laissa pas le temps de s'écrouler au sol qu'Alan serra le poing, faisant craquer ses phalanges : un ultime coup. Dans ce poing, il y mettait toute sa force, toute sa haine et sa rage. Le poing frappa une fois encore la mâchoire du petit animal. Le loup était vraiment à terre. Toujours blessé, mais heureux de sa petite victoire, il plaque son pied contre la babine de la créature. Alan sourit. Il appuyait de plus en plus fort.

" - Alors, tu vas rester comme ça jusqu'à demain matin ? A moins que je ne t'achève avant...".
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Alban O'Murphy

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MessageSujet: Re: Run Away   Ven 30 Juil - 3:42

Alban n'était pas né de la dernière pluie. Cette odeur, ces yeux, cette façon de se tenir, évidemment, l'individu ne pouvait décemment pas être autre chose qu'un vampire. Comme celui qui avait fait de sa vie un cauchemar, à Dublin, en 1920.
Ce feulement était aussi désagréable qu'un moustique trop insistant.


" - J'vais te faire la peau mon Loup. et je vais bien rigoler quand je sauterais à pieds joints sur ton cadavre ! ".

Amusant. Oui, si Alban n'était pas dans un état de fureur aussi avancé, il aurait bien ri au nez de ce personnage si outrageant et apparemment stupide. Il lui rappela un peu ce colonel anglais qui avait donné l'ordre de l'exécuter. Au final, c'était lui qui avait craché sur son cadavre, et pas l'inverse.
Et c'était ce qui allait se passer pour ce sang-froid malodorant.

Les coups étaient d'une force remarquable, et Alban manquait visiblement de concentration. Il les encaissa néanmoins du mieux qu'il put, grognant de douleur en sentant sa mâchoire ployer sous le choc surhumain. Ca n'allait pas être une partie de plaisir, mais son instinct lui hurlait toujours d'en finir avec cette chose immonde au plus vite.

Il sentit le pied du vampire sur sa mâchoire, appuyer de plus en plus. Un ligament céda dans un claquement sec, soutirant un couinement misérable du loup blessé. Il regardait le vampire, il le sondait du regard, transperçant son esprit de ses yeux céruléens.

" - Alors, tu vas rester comme ça jusqu'à demain matin ? A moins que je ne t'achève avant...".

Il n'allait pas mourir, ça non. Pas aujourd'hui, ni comme ça, du moins. C'était certain. Il fallait simplement qu'il se concentre.

Et qu'il arrête de penser.

Le temps sembla suspendu. Une bourrasque de vent vint lui chatouiller les narines, et c'est alors qu'il sentit un bourdonnement rauque et grave faire vibrer jusqu'à ses entrailles. Et ce son venait de lui.
Avant qu'il ne s'en rende compte lui-même, il avait déséquilibré le vampire et, ignorant la douleur lancinante de sa mâchoire blessée, il planta ses crocs aussi fort que possible dans le bras du vampire, tirant dessus pour le lui arracher. Le liquide glacé qui coulait de sa bouche avait un goût insupportable d'eau croupie, et il mit quelques instants à réaliser que c'était du sang.

Il traina le vampire au sol sur une poignée de mètres, ne lui laissant aucune chance de répliquer, aucun répit, plantant ses crocs toujours plus profondément dans la chair putréfiée et glacée.

C'était un cauchemar. Alban voulait fuir, il voulait fuir de cet endroit et ne jamais recroiser un vampire de sa vie, mais son instinct était trop fort. Il devait annihiler cette chose froide et putride. Il n'avait pas le choix.

Mais le vampire était coriace, et au lieu de se laisser aller à la douleur, il répliqua. Alban ne s'attendait pas à des représailles aussi soudaines et violentes. Il fut littéralement envoyé en l'air. Il perdit tous ses repères. Le sol n'était plus sous ses pattes, rassurant et concret. La seule odeur qui emplissait ses narines était cette puanteur insupportable. Les lumières et les couleurs dansaient devant ses yeux. Il était en train de tournoyer dans les airs, et quelque chose lui dit que la chute allait être terrible.

Il ferma les yeux.

Le choc contre l'arbre compressa sa cage thoracique et lui vida les poumons. Quelque chose d'étranger se fraya un chemin dans son épaule gauche, transperçant les muscles, séparant les os, brisant les tendons.

Ses doigts s'allongèrent et son pelage se résorba, son museau s'aplatit et ses crocs disparurent. Sa transformation involontaire s'acheva en quelques secondes et il sentit ses forces le quitter. Même à quatre pattes, ses genoux tremblaient. Il tomba face contre terre et cracha une quantité impressionnante de sang. La branche, pieu funeste qui l'avait drainé de sa rage sanguinaire, était fermement enfoncée dans son épaule et son sang se répandait autour de lui. Il avait du mal à respirer.

Il avait sous-estimé l'autre. Grandement. Et il en payait le prix.

Il leva faiblement la tête vers la silhouette qui lui faisait face, et se sentit horriblement vulnérable. Il était nu et blessé, couvert de boue et de sang, incapable de se mouvoir, de se débarrasser de ce pieu qui lui avait déboité l'épaule, déchiré les tendons et très certainement perforé un poumon. Littéralement allongé aux pieds de son ennemi. Même si son instinct de loup avait fini par se taire, il était prêt à défendre sa vie. Quoiqu'il en coûte. Même si pour s'en sortir il devait arracher la tête du vampire avec les dents, il le ferait.

Il toussa encore et une autre gerbe de sang lui sortit du nez et de la bouche.


*Merde.*

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Alan Linard
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MessageSujet: Re: Run Away   Ven 30 Juil - 4:34

Son pied s'enfonçait dans la chair de l'animal. Il ne cessait de sourire. C'était un jeu de plus qu'il venait de remporter haut la main. Petit à petit, la plaie se refermait, il n'avait plus rien à craindre. Oui, il venait de remporter la bataille. Jamais pareil combat n'avait été aussi jouissif. Gagner contre un monstre qui faisait frémir de terreur les pauvres petits Negens de New York, c'était même plus que jouissif. Alan frémissait ; non pas de terreur, mais de satisfaction. Il se pencha lentement vers la bête et se mit à rire à son museau. Un rire glacial et terrifiant. Il allait s'amuser avec la créature, peut-être même la dépecer, l'étudier, comprendre son fonctionnement, savoir qui elle était pour mieux combattre les siens. S'il existait, cela voulait dire qu'il y avait d'autres loups comme lui. Une extermination n'était pas à exclure. Il devait éradiquer cette race pour faire en sorte que la sienne puisse régner tranquillement sur ce monde. Plus il se pencha sur l'animal et plus il remarqua ses yeux. Le regard d'Alan fut comme hypnotisé ; jamais il n'avait vu une couleur aussi impressionnante. Était-elle dû à son état ? Allait-elle disparaitre lorsqu'il redeviendrait humain, s'il redevenait humain ? Alan déglutit. Cette hypnose lui couta cher ; le loup en profita pour le faire basculer et le vampire perdit l'équilibre. De nouveau sur les fesses, la créature de la Lune se jeta sur sa jambe et le traina sur plusieurs mètres. Son dos rappait contre le sol, entrainant même des feuilles et des brindilles avec lui. Il eut beau se débattre, l'animal était coriace et ne se laissa pas toucher.

Oui, cet effet d'hypnose lui couta cher. Un instant, il avait vu son reflet dans ses yeux, il s'était retrouvé à mille lieux d'ici, à des années d'ici, où la vie lui était encore chère. Il se surprit lui-même à humer l'air provençale qui l'avait vu naitre. Ce n'était pas réellement son reflet qu'il avait entraperçu, mais celui de son frère.

Sans ciller, le loup empoigna le bras d'Alan avec ses crocs et le secoua comme un vulgaire jouer. Cette fois, c'était trop. Alan ne put retenir un gémissement de douleur. Il plissa les yeux en grimaçant. Son poing se serra de nouveau et il se redressa en un éclair. C'était juste assez pour soulever l'animal et le hisser au-dessus de la terre. Sans aucun effort, Alan se mit à agiter le bras assez fort. Voyant que cela était drôlement ridicule, il se mit à le faire virevolter. Lentement, le vampire sentit que la prise qu'avait le loup sur son bras se relâchée peu à peu. Alan plissa de nouveau les yeux ; quelle drôle de sensation, se sentir si vulnérable à cause d'un simple animal, c'était pathétique.


* C'est le moment.*

Un dernier tour. Il lui fit faire un dernier tour avant de l'envoyer valdinguer contre un tronc d'arbre. Alan recula de deux pas, manquant une fois encore de glisser. Non, il ne l'avait pas envoyé contre un tronc d'arbre : le loup était carrément empalé dans une sorte de pieux. Alan plissa le nez en grimaçant. C'était terminé, c'était bon ? Il était mort ? Furtivement, il s'avança vers l'animal qui, à sa surprise, reprit en moins de quelques secondes, une forme humaine. Cet homme se trouvait à ses pieds... Et nu. Alan sourit. Non, il n'était pas mort et il n'était pas prêt de mourir. Le vampire passa sa langue sur ses lèvres et sans vergogne, le scruta. Il était peut-être sale, plein de sang et de terre, il avait quelque chose de spécial. Alan allait le découvrir, c'était certain.

Comme exalté, il se mit à sauter à pieds joints sur la terre en tapant dans ses mains :


" - AHAH ! Moi qui croyais que c'était à cause de la pleine Lune que tu étais un loup ! C'est vraiment excitant ! ".

Vivement, il vint s'accroupir aux côtés du jeune homme et lui attrapa une poignée de cheveux. Le regard si émerveillé d'Alan devint noir et lugubre, une voix rauque, presque d'outre-tombe sortit de sa gorge :


" - Tu fais moins le malin là, hein ... ".


Le vampire serra les cheveux noirs corbeau du jeune homme avant de lui éclater le visage contre le sol.

" - On va bien s'amuser loupiot. ".
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Alban O'Murphy

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MessageSujet: Re: Run Away   Ven 30 Juil - 16:34

Son visage entra en contact avec le sol. Il sentit le cartilage -ou peut être l'os- de son nez craquer sous la force du coup et plusieurs brindilles et épines vinrent lui griffer les joues et le front. Il était en mauvaise posture, c'était un fait. Les chances qu'il s'en sorte étaient moindres. S'il venait au vampire la bonne idée de lui arracher la tête ou de le rouer de coups jusqu'à briser tous les os de son corps, il mourrait très probablement.

Alors c'était ça. C'était comme ça que ça se finissait. Alban poussa un soupir en ignorant les railleries du vampire.

Malgré la violence de cet instant, la forêt était silencieuse. Elle retenait son souffle. Elle attendait de voir ce qui allait se passer, et il eut la nette impression qu'il avait chaque arbre, chaque pierre et chaque animal de son côté. Qui comptait sur lui. Pourtant, il avait renié son côté humain depuis bien longtemps, mais il n'était guère plus naturel que le vampire. Il avait juste essayé de s'adapter.

La puanteur du sang-froid était plus supportable sous cette forme. Elle était encore là, mais moindre. Alban n'avait plus envie de tousser quand il respirait, et de toute façon il n'arrivait pas à respirer. Ses extrémités étaient déjà engourdies à cause des endorphines que libérait son cerveau.

Il sentit la main du vampire le soulever à nouveau par les cheveux, et un fantôme passa devant ses yeux. Il le vit pourtant clairement. C'était Cleese, le colonel anglais qui avait supervisé les tortures qu'il avait subies pendant trois mois. Il vit ses ongles arrachés à la pince rouillée, il vit ses dents sauter sous les coups de poing, il vit ses côtes s'enfoncer sous les coups de pied, les décharges lui brûlant la peau et les nerfs, les nuits entières passées pendu par un pied, les innombrables fois où il était entré dans cette salle maudite. Il se souvint la poigne de l'anglais sur ses cheveux, quand il le plongeait dans cette bassine d'eau glacée pour le faire parler. Il pouvait presque sentir la corde lui taillader les poignets.

Il revivait cet instant avec autant d'ardeur que ses trois mois d'emprisonnement. Et comme en 1922, il ne desserra pas les dents. Il n'émit pas le moindre son. Il ne parla pas, ne gémit pas, rien. Son esprit était ailleurs tant la douleur était insupportable. Il ne savait plus trop quelle douleur, son épaule peut être, ou bien sa mâchoire à qui on ne laissait pas le temps de cicatriser, ou son nez qui avait pris un angle si anormal qu'il pouvait le voir de ses yeux, mais de toute façon ça n'était pas important.

Il fallait qu'il retourne la situation, ou il allait mourir ici et maintenant. Et contrairement à l'époque de son incarcération, cette fois-ci il se souciait de sa survie.

La main était toujours accrochée à ses cheveux, et il n'avait vraiment pas assez de forces pour se transformer. Alors il devait tirer parti des avantages que lui octroyait sa forme actuelle. Il était moins bien équilibré et beaucoup moins fort, mais il pouvait réagir plus rapidement. Il avait des mains capable de saisir, de donner des coups aussi moindres soient-ils, et il avait un champ d'action beaucoup plus étendu.

Sans prévenir, il attrapa le bras du vampire au dessus de sa tête, au niveau du coude, et il y mit tout son poids. Les os étaient beaucoup trop durs pour être brisés, et les tendons beaucoup trop souples pour être déchirés. Il en tira un avantage sans précédent: il déboita le coude de son adversaire et profita de sa surprise pour se remettre sur pieds. Il devait agir vite. Il devait empêcher le vampire de le tuer, et le meilleur moyen pour ce faire était de l'immobiliser assez longtemps pour fuir.

Il arracha la branche brisée de son épaule dans un bruit atroce d'os s'entrechoquant et de chair déchirée, puis il l'enfonça de toutes ses forces dans le ventre du vampire. Il poussa un grognement sous l'effort que lui demandait une telle action. Le vampire était tombé à la renverse sous la force de son assaut, et il en profita pour reculer hors de son giron.

Il tenait son épaule encore béante, son torse fin dévoilant des côtes visibles à chaque fois qu'il expulsait l'air de ses poumons et il était d'une maigreur impressionnante. Les os de son bassin et de ses épaules étaient si saillants qu'on aurait dit qu'ils étaient sur le point de percer la peau. Sa respiration était rauque, laborieuse, rapide. Il étaient légèrement penché en avant, et même s'il avait l'air sur le point de s'évanouir, il n'était pas prêt de lâcher prise.

Les blessures se refermaient, de la moindre égratignure au trou dans son épaule. Son nez revint en place de son propre chef, et sa mâchoire cessa de pendre piteusement, il arriva à fermer la bouche et passa sa langue sur ses lèvres sèches et boueuses.

Ses pieds étaient ancrés dans le sol, son centre d'équilibre bas. Il était prêt à retourner à l'assaut, à défendre sa vie si le vampire voulait s'approcher encore une fois.

Il ne se battait plus pour éliminer son adversaire, mais pour survivre.


"Salopard de français." Dit-il d'une voix rauque qui partait légèrement sur les aigus à cause de sa condition, et teintée d'un accent irlandais si coloré qu'on y décelait presque les bêlements des moutons à tête noire, les hennissements des chevaux à la crinière hirsute et les murmures du vent dans les champs d'orge.

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Alan Linard
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MessageSujet: Re: Run Away   Dim 1 Aoû - 3:11

Un lourd craquement se fit entendre. Les oiseaux s'envolèrent . Alan sourit. Le loup était totalement sous son emprise, il n'avait aucun moyen de se défaire de ses griffes et de s'échapper. Le français ne pouvait espérer mieux comme trophée. Le sang du loup se répandait de plus en plus sur le sol alors que la blessure du vampire était désormais totalement guérie. Cette scène était à la fois drôle et pathétique : la race la plus puissante dominer totalement l'animal. Peut-être même qu'il ne le tuerait pas, il s'en servirait comme un chien, un animal de compagnie dont il pourrait se servir quand bon lui semblerait. Pour l'instant, il prenait un malin plaisir ) le voir s'essouffler, à se régénérer puis à le voir blesser de nouveau. Il venait de trouver un nouveau jeu, un nouveau compagnon de jeu, où il savait qu'il serait le plus fort.

Son rire retentit à travers la petite forêt : il tira de nouveau sur les cheveux ébènes, regardant, amusé, le sang qui s'écouler du nez de son adversaire. Une goutte s'écoula au sol. Le temps d'une fraction de seconde il se sentit légèrement surélevé. Alan croisa le regard de l'étranger et il sut que la situation allait changer du tout au tout : il sentit les os de son coude gauche se déboiter, pendant comme si plus rien ne pouvait le retenir, et comme si l'affront n'était pas suffisant, le loup réussit à se détacher de son emprise et à retirer l'énorme branche qui était coincée dans son épaule. Un pied devant l'autre, Alan était prêt à lui sauter dessus. Il feula une nouvelle fois avant de montrer les crocs. Malgré la vitesse dont il faisait preuve, cela ne fut pas suffisant, le loup, cette fois, fut plus rapide : à peine eut-il retiré le pieux que celui-ci vint s'abattre dans son torse. Impressionné par la rapidité, Alan fixa la créature sans opposer une quelconque résistance à l'attaque. Le loup semblait fort, animé d'une animosité nouvelle. Ses yeux bleus ne le fixaient pas, ils regardaient le ciel, comme-ci ce dernier pouvait lui octroyer une aide précieuse. Balayé par cette puissance, Alan glissa et tomba à la renverse dans un bruit sourd. L'homme se recula de quelques pas, il le toisait et le jaugeait.

Alan se redressa à l'aide de ses avant-bras pour regarder son assaillant. Il cracha une gerbe de sang sur la terre en tendant le cou pour mieux l'apercevoir.


" - Salopard de français. ".


Le vampire déglutit ; comment se faisait-il qu'il connaissait sa nationalité ? Cela faisait des années, des décennies, qu'il vivait parmi les américains. Tellement longtemps qu'il parlait anglais qu'il en avait presque oublié son français natal, son accent provençal. Peut-être son accent était-il encore trop prononcé, peut-être que finalement, c'était lui qui pensait qu'il s'en était allé alors qu'il continuait à lui coller à la peau. Alan gratta le bois de la branche, laissant retomber lourdement l'écorce sur le sol boueux. Son regard se faisait noir et il ne se priva pas pour observer minutieusement l'homme qui lui faisait face. Beaucoup moins grand que le vampire, les cheveux d'un noir tout aussi sombre, un regard trop provoquant et de légères tâches de rousseurs qui se chevauchaient sur son corps. Alan sourit, la tête légèrement baissée. Un irlandais. La phrase résonnait dans sa tête, elle tournait en boucle comme un leitmotiv. Cet accent. Désormais, il le reconnaissait. Jamais il n'avait foulé la terre irlandaise, mais à Londres, il en avait rencontré. Tous les mêmes, ces chiens. Alan détestait les anglo-saxons, il détestait tout ces vautours qui prenaient de haut les autres langues. Alan avait apprit à taire ses origines. De toute façon, il les détestait, mais ça ne changeait rien. Il devrait vouer une haine à cet individu. C'était écrit, il le sentait. Il devait le dominer.

Ses ongles crissèrent sur le bois. Le temps s'écoulait, il ne devait pas le laisser s'en aller. Il était sa proie, désormais. Il était à lui. Et l'insulte, l'affront en lui-même ne passerait pas. Du sang coula le long de ses lèvres, mais il tenta de le ravaler, croyant que cela lui apporterait un peu plus de force.

Oui, le temps s'écoulait trop vite. Cela laissait trop de temps à cet homme de se régénérer. Alan avait un avantage : il guérissait beaucoup plus vite. Il continua à faire grincer ses ongles sur l'écorce jusqu'à ce qu'il reprenne son souffle, qu'il puisse se concentrer au maximum. Tout était une question de temps et de tact. Il empoigna la branche tellement fort qu'elle commença à se craqueler sous la pression. Il la retira vite, autant pour ne pas souffrir que pour ne pas laisser un moment de répit à son adversaire. Dans un effort qui lui sembla monumental, il réussit à se redresser et à envoyer la branche voler vers l'irlandais. Il avait prévu que cet homme ferait preuve de souplesse : le loup se pencha en avant et évita admirablement la branche tout en rasant le sol avec son menton. Seulement, Alan était rapide et la souplesse de la créature de la nuit n'y pourrait rien. Alan surgit de derrière la branche pour asséner un coup de poing au visage suivit d'un coup de genou dans le plexus de l'homme-animal. Alan le tint un bon moment par les épaules, enfonçant ses ongles sales dans sa peau.

L'irlandais releva la tête. Ses jambes tremblaient, mais jamais il ne tombait. Malgré les coups que lui portaient le français, il ne pliait jamais et se relevé tout aussi fier. Encore des "qualités" irlandaises que le vampire déplorait : la témérité, le courage... Ses yeux bleus vinrent se planter dans ceux rouges du vampire. Alan serra les dents et ne put que reculer sous ce regard. Il n'était pas humain, certes, mais avant de découvrir qui il était réellement, avait-il ce même regard aussi glacial ? Alan plissa les yeux en grimaçant, voyant une fois de plus son propre reflet dans l'immensité de ce ciel bleu. Plus jamais il ne tomberait. Le vampire secoua la tête violemment avant de pousser brusquement l'irlandais qui, sous le coup, perdit l'équilibre.

Alan se pencha en avant et feula une nouvelle fois en montrant les crocs. Le loup posa une main à terre pour se redresser, il leva la tête : Alan venait de sauter et de se jeter sur lui. L'irlandais, par précaution, se protégea le visage et tenta de se débattre, ses jambes étant ses seules armes. Alan lui empoigna les poignets qu'il plaqua au sol. Son genou vint se loger contre son entre-jambe, l'empêchant de bouger, de se débattre, de s'échapper. Comme pour se venger, le vampire feula de nouveau juste sous l'oreille de loup avant de planter ses crocs au milieu de son cou.

La seule fois où il avait entendu parler de créatures de la nuit, autres que les vampires, se fut à New York, lors des repas-réunions des Negens. Des loups. Ils en parlaient avec crainte. Dès lors, Alan sut que ce clan n'était doté que de faibles et de couards. Comment avoir peur d'une race que l'on pouvait soumettre aussi aisément ? Avoir peur d'un animal ? Quelle stupidité. Lui qui croyait avoir trouvé auprès des Negens un certain réconfort, une puissance inimaginable. Après cela, il s'était trouvé bien déçu. Pourquoi avoir peur d'une race que l'on pouvait si facilement tuer ?

Le sang coulé le long de sa gorge, traversé sa trachée, son œsophage, atterrit dans son estomac. Ce liquide était si chaud, si rassurant, si puissant. Il le sentait se balader à l'intérieur de son corps, parcourir ses veines et son cœur froid.

Il ne lui fallut pas plus d'une seconde pour savoir pourquoi les Negens craignaient ces créatures : Ô oui, ce sang d'une chaleur extrême lui avait procuré un bien fou... Une fraction de seconde. Il s'était sentit puissant au moment où il avait planté ses crocs en lui, mais si faible lorsque le sang s'abattit sur ses organes comme un acide. Instinctivement, il retira ses crocs et le regarda, surpris.

Il eut juste le temps de se pencher sur le côté et d'enfoncer deux doigts au fond de sa gorge pour essayer de se faire vomir.
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Alban O'Murphy

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MessageSujet: Re: Run Away   Dim 1 Aoû - 16:44

Le regard inquisiteur du vampire le mit légèrement mal à l'aise et il sentit un picotement significatif dans sa nuque. C'était un regard trop insistant pour être anodin. Il le jaugeait, c'était évident. Ce n'était pas plus grave que cela en soi, puisqu'Alban était beaucoup plus fort et agile qu'il n'en avait l'air, même sous forme humaine.
Cependant, plus le temps passait et plus le vampire semblait trop minutieux pour ne s'intéresser qu'à l'apparence de son adversaire. Alban était quelque peu perplexe. Avait-il une tâche de naissance qu'il ne se connaissait pas? Il mourrait d'envie de baisser les yeux sur son corps pour vérifier, mais l'ennemi était trop fourbe pour lui en laisser l'occasion. Il préférait ne pas quitter des yeux son giron.

Et beaucoup trop coriace, aussi. Le répit du loup fut de courte durée.

Alban grogna en le voyant retirer la branche de son corps. Le vampire redevenait une menace. Il fallait passer aux choses sérieuses. La branche vola en sa direction, et il eut à peine le temps de l'esquiver que des milliers d'étoiles vinrent danser devant ses yeux, suivies de près par une pression énorme sur son thorax. L'air était bloqué dans ses poumons. Sa gorge était obstruée par la force du coup et il n'y voyait plus rien. Ainsi privé d'un de ses sens et de sa respiration, lui-même ne donnait pas très cher de sa peau. Il devait s'en remettre à ses autres sens qui étaient d'importance moindre sous cette forme-ci. Se transformer était hors de question car cela demanderait un espace dégagé et une concentration optimale.

Mais il n'allait pas lui laisser le plaisir de s'agenouiller. Non. Comme face à Cleese, il se redressa et plissa les yeux pour forcer sa vue à s'accommoder de sa condition. Il ne parvenait pas à discerner le vampire de ses habits car toutes les couleurs se mélangeaient. Cependant une seule était assez prononcée pour ne pas se mélanger aux autres: le rouge. Alban assuma qu'il s'agissait des yeux du vampire, alors il les fixa avec insolence, avec impudence, avec toute la témérité qu'il possédait et qui coulait dans ses veines depuis 800 ans de guerres avec l'Angleterre.

Le sol se déroba sous ses pieds et entra en contact avec son dos, vidant ses poumons. Au moins, ses conduits respiratoires étaient à nouveau en état de marche.

Il savait qu'il ne devait pas se reposer sur ses lauriers. L'autre avait l'avantage sur lui et ainsi allongé Alban était exposé au possible, comme une tortue sur le dos. Il assura sa prise sur le sol de la main gauche pour se lever, mais avant que son cerveau ait eu le temps de transmettre l'ordre à ses muscles, un poids désagréable le cloua à nouveau au sol. Une poigne glacée saisit ses poignets et un genou solide pressa sur son entrejambe.

Outre la douleur et l'humiliation d'une telle situation, Alban savait qu'il était perdu. Il ne pouvait plus bouger, il ne pouvait plus se défendre. Il était fini. Échec et mat. Le prochain mouvement du vampire engloutirait son roi et il rendrai l'âme dans une mare de sang et de tripes. Il n'aurait pas de sépulture, pas de pleurs pour son enterrement, pas de cercueil, pas de veillée, pas de verset de la Bible. Il mourrai comme un chien, comme l'animal qu'il avait choisi de devenir. Seul. Oublié. Réprouvé.

Rien qu'un tas de chair lacérée au milieu d'une forêt à l'odeur piquante des conifères. Mais il ne supplierait pas.
Le feulement si désagréable du vampire sonna le glas de sa triste existence, balloté de Charybde en Scylla, de guerres mondiales en révolutions, de morts en meurtres, de batailles en charniers.

Mais contre toute attente, sa tête resta à sa place. Son cœur continua à battre, et aucun de ses poignets ne lui fut arraché. Mais un froid immense l'envahit quand quelque chose pinça sa peau. Dans son cou, la peau tendre et fragile fut transpercée par une rangée de dents froides et deux crocs acérés. Il se sentit drainé de son énergie. Il se sentit faiblir, sans pour autant mourir.

Le vampire était, évidemment, en train de faire ce qu'on attend d'un vampire. Il lui suçait le sang.

Au final, la sensation n'était pas si désagréable que ça. Se sentir ainsi exposé à un ennemi létal avait quelque chose d'excitant, qui provoquait des frissons dans ses avant-bras. Il n'émit pas le moindre son, si ce n'est un soupir lorsque sa bouche s'ouvrit. Ses yeux fixaient les étoiles, les nuages s'étant dissipés, révélant la forêt entière à la lueur pâle et surnaturelle de l'astre nocturne rond comme une pupille luminescente. Le tableau était superbe. Alban n'avait pas peur. Il n'était pas à l'aise, il n'était pas bien, mais il n'avait pas peur. Une quiétude étrange s'empara de lui. L'espace d'un instant, il se demanda si c'était ça, la mort.

Quand soudain, la poigne et la morsure du vampire disparurent. Alban sentit la plaie de son cou brûler, comme si un tison incandescent y était plaqué. Il posa la paume de sa main sur la blessure mais cela n'atténua en rien la douleur. Le vampire avait disparu de son giron, et il fallut plusieurs secondes à Alban pour réaliser que son ennemi était en train de vomir quelques mètres plus loin. Au vu de son langage corporel, il était faible et exposé. C'était le moment de frapper.

Mais Alban n'était pas un meurtrier. Il ne pouvait pas le tuer alors qu'il était faible. Jusque là, ils s'étaient battus à armes égales, l'un feulant, l'autre grognant, plantant crocs et griffes à la moindre faiblesse de l'autre, mais même si parfois la conception d'un duel pour le vampire était assez souple, dans l'ensemble Alban se sentait sur un pied d'égalité avec lui.

La seule arme à sa disposition était la condescendance. Il se redressa et le toisa -du moins il toisa son dos- de toute sa hauteur.

"Ça t'apprendra." dit-il alors que la plaie de son cou commençait déjà à se refermer.

Il ne sut pas quoi faire d'autre. Il savait que s'il ne se débarrassait pas du vampire maintenant, son ennemi reviendrait à la charge dès qu'il aurait retrouvé un semblant de stabilité. Et sans doutes, après cette provocation, la créature aux yeux vermillon ne lui accorderait pas une faveur telle que celle qu'Alban était en train de faire. Il se demanda si son sang finirait par tuer le vampire. C'était fort probable, puisqu'à en croire son instinct, ils étaient tous les deux des ennemis naturels. Chaque fibre de son corps, chaque battement de son cœur, chacun de ses talents était là pour écraser le vampire. Et la réciproque était sûrement de mise.

Il s'assit sur une souche couverte de mousse [ça pique moins les fesses] et attendit simplement que le français se remette de cette mésaventure pour repartir à l'assaut. Cela lui laisserait le temps de récupérer un peu de son côté, et de se transformer à nouveau avec un peu de chance.


*Et dire que les français nous ont aidé à vaincre les anglais... Et dire que nous les avons aidés à vaincre les allemands.*

Il se sentit mal de s'être rabaissé à insulter la nationalité de l'autre. C'était peut-être un vampire mais il avait le droit d'être fier de son pays. Il existait certainement des vampires irlandais. C'était une injustice qu'il avait commise. Et s'il existait une chose qu'Alban ne supportait pas, c'était bien l'injustice sous toutes ses formes.

"Je voulais pas insulter ton pays."
dit-il alors que le vampire respirait laborieusement entre deux contractions gastriques. "Laisse-moi rectifier: Salopard de vampire me semble plus approprié."

La situation était si cocasse qu'il ne s'en rendit même pas compte. Il laissait son ennemi récupérer. Cela lui rappelait un général dont il avait entendu parler, ou peut-être avait-il lu son nom dans un livre à la bibliothèque de Dublin, il y a très longtemps.

*Messieurs les anglais, tirez les premiers...* Pensa-t-il en citant ce général français -ou peut être italien- d'un autre temps, dont l'honneur lui avait coûté une défaite et la vie.

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Alan Linard
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MessageSujet: Re: Run Away   Mar 3 Aoû - 2:48

Jamais il n'avait ressentit ça. Le liquide chaud semblait réellement lui transpercer les organes, s'étaler comme de l'acide qui ne voulait cesser de brûler et de désagréger ce qu'il touchait. Les deux doigts enfoncés dans la gorge, il s'efforçait par tout les moyens de tout recracher, de vomir le liquide qui pourrait le tuer une bonne fois pour toute. Son autre main était plaqué sous son t-shirt noir, sur son ventre, enfonçant peu à peu ses ongles dans sa chair tant la douleur était horrible. Il se retrouvait à genoux, totalement désarmé, le loup avait gagné. Comment avait-il put être de nouveau aussi négligeant ? C'était une mort pitoyable. Mourir à cause d'un chien, c'était tout à fait pitoyable. Boire le sang du loup, quelle idée géniale... Il s'était carrément jeté dans la gueule du loup.

Ses pensées étaient embrouillées, il ne savait même plus quoi penser. Tout ce qu'Alan espérait, c'était de tout vomir, que son corps ne le brûle plus. Il avait l'impression que ses veines, que sa tête allaient exploser. Il ne contrôlait plus rien, il ne voyait, ne ressentait plus rien. Il n'était même plus maitre de son corps. Il était ailleurs, loin de cette bataille, juste à souffrir comme jamais il n'avait souffert. Oui, il avait réellement tout perdu sur ce champ de bataille. Quelle ironie sachant qu'il avait le dessus avant qu'il ne plante ses crocs, comme un imbécile ignorant, dans ce cou si chaud. La faim avait été tellement intense, la vengeance tellement omniprésente qu'il n'avait put se contrôler : c'était une occasion trop belle pour la laisser passer. Alan, le vampire qui aurait tué la bête qui terrifiait les pauvres petits Negens. Le pouvoir ne lui avait jamais autant échappé des mains. Mais désormais à terre, complètement inoffensif, il savait qu'il n'avait fait qu'effleurer ce pouvoir.

Sa tête commençait à tourner, Alan ne reconnaissait même pas l'endroit dans lequel il se trouvait. Tout ses sens avaient disparu. Il crut même à un moment que son nez était complètement bouché. Sous la douleur, il commença à se griffer le haut du nombril. C'était affreux. Après tout ce qu'il avait vécu, vu, cette sensation lui avait encore été inconnue jusqu'à ce jour. Pourtant, la peine qu'il avait ressentit était beaucoup plus fort que les coups qu'il avait reçu. Mais là, là tout était différent. Tout lui semblait désagréable, même lui-même. Sa main droite retomba lourdement sur le sol, pleine de sang et de bave. Il n'arrivait plus à recracher quoi que ce soit à part de la salive et quelque chose qui s'apparentait dangereusement à de la bile. Sa tête tomba si lentement à terre qu'il ne comprit même pas que c'était le sol qui avait heurté son front. De la bave et un peu de sang continuaient à ruisseler le long de sa lèvre inférieure et de son menton. Et dire que même s'il ne pouvait plus vomir, il pensait pouvoir encore recracher quelque chose. Peut-être même ses boyaux.

Ses sens s'étaient dissipés, le vampire se retrouvait comme un nouveau-né qui n'avait aucun repère. Il n'avait rien. Malgré tout, son oreille siffla, lui indiquant un sens avec des mots désagréables...
Ça lui apprendrait... Ça lui apprendrait quoi ? A vouloir détruire une créature qui menace son espèce ? C'était tout à fait normal de l'empêcher de nuire. C'était naturel. Alan tourna légèrement son corps sur le côté pour observer le loup. Il espérait pouvoir être capable de se relever assez vite pour esquiver un quelconque mouvement si ce dernier s'attaquait à lui. Il gonfla les joues pour s'empêcher d'expulser quoi que ce soit d'autre de son corps. S'était répugnant. Il baignait dans le sang de cette immonde chose qui le jaugeait, assit. Pourquoi ne l'attaquait-il pas ? C'était ridicule, il avait l'occasion de mettre un terme au combat, et par conséquence mettre un terme à cette douleur abominable.

L'insulte qui suivie, il ne l'entendit pas. Ou ne voulut pas l'entendre. Peu importait l'insulte de toute façon : son adversaire n'attaquait pas. Presque n'étaient-ils plus adversaires, ou alors une nouvelle relation venait de s'instaurer : un tortionnaire et sa victime. Sa vue était totalement brouillée, mais Alan ne savait pas si c'était à cause des larmes dû à la douleur où si c'était la douleur elle-même qui l'empêchait de voir quelque chose dans le noir.

Ses ongles s'enfoncèrent dans la terre boueuse avant qu'il n'expire bruyamment et qu'il rejette une nouvelle gerbe de sang. Même enfoncée, sa main tremblait, faisait trembler son bras et son corps tout entier. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne s'écroule sur le dos et qu'il ne rende son dernier soupire. Son dos caressa les feuilles mortes et il regarda le ciel qui s'était dégagé, un ciel noir avec pour unique lumière la Lune. C'était un décor trop merveilleux pour mourir ainsi. Il se tortilla quelques instants avant de tenter de rester immobile, tenant ses jambes avec force contre son torse. Il grimaça avant de laisser échapper un long gémissement plaintif qui lui arracha un léger cri.

S'il survivait, il y perdrait au moins son estomac...

Pouvait-il parler ? Pouvait-il insulter l'animal pour qu'il l'achève ? Pouvait-il bégayer quelques mots pour ne pas se sentir totalement seul au moment de sa seconde mort ? Alan se mordit la lèvre, tentant désespérément de rassembler ses mots. Le plus dur serait de réussir à les articuler.


" - Co... Connard... Tu dois... ".

L'effort était trop grand. L'envie de tout dégorger était toujours présent. Alan se redressa, contractant son abdomen pour tenir au moins assit. Quelle humiliation. Il bascula en avant. Ses yeux roulèrent en même temps que son front heurta la terre.
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